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« Les nuits du futur »

Publié le 24 octobre 2018 dans Informations syndicales


Le livre blanc des professionnels européens de la nuit à été présenté à Jean-Baptiste LEMOYNE, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

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L’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) et ECN (EuroCouncil of the Night) ont remis ce 23 octobre à Jean-Baptiste LEMOYNE, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, leur ouvrage commun « Les nuits du futur, livre blanc des professionnels européens de la nuit ».

Ce livre, qui sera ensuite adressé aux maires des principales villes françaises et européennes, est le fruit d’un travail de 10 mois commencé avec les Rencontres européennes de la nuit, co-organisées par UMIH et ECN, qui ont eu lieu à Lyon en février 2018. Pendant 3 jours, élus, experts, sociologues, chefs d’entreprises, noctambules, français et européens s’étaient réunis à Lyon pour échanger, réfléchir et faire des propositions autour de 3 grandes thématiques : Territoires, Usagers et Gouvernance.

« Les nuits du futur » retranscrit ces travaux et apporte des témoignages sur les différents sujets. Les professionnels ont voulu mettre la lumière sur la nuit comme un facteur de dynamisme économique, d’attractivité des territoires, de mixité, de lien social, de diffusion de la culture, comme un levier de croissance pour les territoires à prendre compte dans l’élaboration des politiques publics.

La nuit joue un rôle économique et social au-delà des seuls aspects de la convivialité et de la fête. La nuit en France, ce sont environ 6 500 établissements de nuit (2 500 discothèques, 4 000 BAM (Bars ou Restaurants à Ambiance Musicale), environ 50 000 salariés et un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards d’euros.

En 30 ans, le monde de la nuit a connu d’importantes mutations, le secteur a subit de plein fouet la crise économique, en zone urbaine comme en zone rurale, et a dû s’adapter à la nouvelle demande des consommateurs : extensions des horaires de la nuit, nouvelles ambiances, nouveaux types d’établissements. Depuis une dizaine d’années, il existe un renouveau de la fête en France avec une montée en puissance de la qualité de l’offre nocturne.

« Nous sommes très heureux de présenter ce livre à Jean-Baptiste LEMOYNE car, pour accompagner la mue du secteur de l’activité nocturne en France, nous avons besoin de l’appui du Gouvernement et des élus locaux. Avec ce livre, nous avons voulu rappeler aux pouvoirs publics, mais aussi aux citoyens, l’importance de la nuit dans la vie de la cité. Ce constat, la majorité de grandes villes européennes le partagent et agissent aussi  pour inclure la nuit dans les politiques territoriales. La question du vivre ensemble n’est pas seulement diurne, mais aussi nocturne. », a indiqué Roland HEGUY, président confédéral de l’UMIH devant M. le Secrétaire d’Etat.

« Il faut changer de paradigme et considérer nos professionnels comme des partenaires sociétaux pour une co-construction de la politique de la vie nocturne, au niveau local, national et européen », a demandé Thierry FONTAINE, vice-président général des Etablissements de nuit UMIH.

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ANNEXE : Nos principales recommandations pour les Nuits du futur

I. Les Territoires

1. Evolution des territoires européens de la Fête

– Se doter d’outils de mesure pour évaluer les espaces créatifs d’une ville et aider à définir les endroits propices à l’installation de lieux de vie nocturne.
– Installer des consultations publiques entre usagers d’un territoire festif et ses résidents.
– Encourager le développement de pôles festifs innovants par leur offre, éphémères comme pérennes.

2. La promotion foncière et immobilière, socle des activités nocturnes

– Créer des temps d’échanges entre les opérateurs immobiliers et les professionnels de la nuit.

3. Le tourisme nocturne, levier d’attractivité pour les territoires

– Mettre en place une campagne digitale de promotion de la vie nocturne de métropoles de l’Union européenne.
– Etendre les horaires d’ouverture de services métros car le métro permet aussi d’éviter la stagnation sur la voie publique, cause souvent de tensions avec les riverains.
– Réaliser une étude européenne pour mesurer le nombre et le profil de touristes qui fréquentent la nuit lors de leur visite et les retombées économiques directes et indirectes.
– Adapter les horaires de fermeture des établissements : ne pas les fermer en même temps, rotation des horaires afin de diffuser les flux.

II. Les usagers

1. Usage et partage de l’espace temps nocturne

– Développer les coopérations locales incluant les riverains et les établissements pour réduire les risques de conflit. Ces engagements peuvent être formalisés par des chartes locales comme à Lyon par exemple.
– Renforcer les formations par des modules spécifiques aux enjuex liés à la vie nocturne.
– Rédiger un standard européen des bonnes pratiques pour les établissements et événements.

2. Eclairer la nuit

– Rapprocher les bailleurs, promoteurs et éclairagistes pour assurer une mise en lumière des lieux de nuit adaptée à leur environnement.

3. Les Femmes et la nuit : l’accès libre et égale à la nuit est un droit pour tous

– Organiser des marches exploratoires de nuit dans plusieurs villes simultanément.
– Mettre en place des campagnes de sensibilisation.

4. Prévention et santé : solution techniques et acoustiques

– Mieux former les professionnels de la nuit à la problématique des nuisances sonores.
– Développer des zones propices à l’installation de la vie nocturne dans les villes
– Inciter aux bons comportements (Les Pierrots de la Nuit).

III.La gouvernance

1. Co-construction des politiques publiques de la nuit

– Encourager la création de conseils de la nuit dans les villes qui n’en sont pas encore dotées et instaurer un échange régulier entre tous les acteurs avec la mise en place de médiation.
Intégrer les organisations professionnelles représentatives des activités nocturnes dans les structures de développement touristique (office de tourisme, ADT, CRT).

2. Freins et leviers en matière de réglementation

– Mettre un terme au commerce illégal.
– Adapter la formation et les fonctions des agents de sécurité : qu’ils puissent intervenir aux abords de nos établissements.
– Repenser les fermetures administratives pour rétablir la confiance des investisseurs et des banques.
– Sécuriser les autorisations des horaires de fermetures.
– Revoir la responsabilité de plein droit des exploitants.
– Créer une clause d’antériorité pour protéger les établissements des recours abusifs.

 

(*) de gauche à droite  :
Rémi CALMON (directeur général du SNEG&co)
Aurélien DUBOIS (président de la Chambre Syndicale des Lieux Musicaux, Festifs et nocturnes CSLMF)
Roland HEGUY (président confédéral de l’UMIH)
Jean-Baptiste LEMOYNE, SECRÉTAIRE D’ÉTAT AUPRÈS DU MINISTRE DE L’EUROPE ET DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Thierry FONTAINE (vice-président général des Etablissements de nuit UMIH)
Frantz STEINBACH (pour EuroCouncil of the Night)


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