Colisée Etablissement

Le Colisée de St-Raphael sous le coup d’une fermeture administrative

Publié le 9 octobre 2015 dans Discothèques


Colisée Etablissement

 

Frappé par une mesure de fermeture administrative suite au décès d’un jeune Fréjussien à proximité de la discothèque à la fin du mois d’août, le juge des référés a rejeté la requête de Patrick Vincent, gérant de l’établissement et de son avocat Me Michel Mas, lesquels réclamaient la suspension de l’arrêté de fermeture pris par la préfecture.

 

Très tôt dans la matinée du 29 août dernier, une violente rixe a éclaté sur le parking de la discothèque Raphaëloise. Les services de sécurité ont appelé la police qui est intervenue et repartie. Les perturbateurs se sont alors déplacés sur le parking d’une école, situé à proximité, pour reprendre les agressions, au terme desquelles un jeune homme d’une vingtaine d’année a trouvé la mort.

 

De fait, le préfet du Var a pris des mesures drastiques contre l’établissement nocturne inauguré, rappelons-le, le 28 mai dernier : quinze jours de fermeture administrative. Un coup dur, sur le plan économique, pour Patrick Vincent, et pour son personnel. Rappelons cependant qu’encore une fois les faits dramatiques se sont déroulés à l’extérieur de l’établissement et de son parking. Il est toujours difficile de contrôler tous les abords et de plus, sans aucun droit de le faire.

 

Inauguration colisée

 

Pour justifier cette décision, l’administration préfectorale a mis en avant le « risque de troubles à l’ordre public », s’appuyant sur le fait que les querelles auraient démarré au sein de la discothèque suite au visionnage des caméras de sécurités. L’échauffourée se serait ensuite poursuivie à l’extérieur, impliquant de nombreux individus alcoolisés, dont certains en possession d’armes blanches, dont ils ont fait usage.

 

Cependant, bien que l’affaire l’ait aussi grandement affecté, Patrick Vincent et son avocat ont décidé de se battre pour la survie de la discothèque et de ses employés, suite à la décision prise par la préfecture courant septembre, de fermer le Colisée pour une durée de trois mois pour « risque élevé de troubles à l’ordre public ». Une mesure qui s’ajoute à la précédente (15 jours de fermeture), prononcée au lendemain du drame.

 

La discothèque emploie 49 personnes plus des extras auxquels elle fait régulièrement appel. D’après Me Mas, la perte des bénéfices escomptés durant ce laps de temps menacerait à très brève échéance, l’équilibre financier de l’établissement. Les charges fixes de l’entreprise sont, en effet, très élevées : plus de 150 000 euros par mois de masse salariale et un loyer de l’ordre de 13 000 euros.

 

Par ailleurs, les deux hommes soulignent quelques faits marquant les circonstances floues liées à la fermeture du Colisée.

 

Alors que depuis le début de l’affaire la Préfecture aurait laissé entendre que le service de sécurité de la discothèque n’aurait pas été à la hauteur, Me Mas souligne que :

 

– La fréquentation de l’établissement, ce soir-là, était d’environ 800 personnes, pour une contenance autorisée de 1 800. Soit moins de la moitié de la capacité totale de la discothèque.

– La règlementation exige un agent de sécurité pour cent clients. Or dans la nuit du 28 au 29 août, vingt agents de sécurité étaient présents, soit un pour quarante clients, outre les 49 autres employés.

– Les services d’ordre de la discothèque ne se sont pas seulement contentés d’exclure les éléments perturbateurs du Colisée puisque, dès l’apparition des tensions, ils ont appelé les forces de l’ordre et sollicité une intervention.

– L’établissement disposant d’un portail de sécurité semblable à ceux utilisés dans les aéroports, il semble inconcevable qu’une personne ait pu introduire une arme blanche à l’intérieur de la discothèque.

– Enfin, le jeune homme aurait été tué sur le parking de l’école Stanislas, à proximité de la discothèque, et non sur le parking de celle-ci.

 

Selon l’avocat, la préfecture aurait pris de telles mesures disciplinaires à l’encontre du Colisée pour en faire un exemple.

 

Autant d’arguments qui n’ont pu disculper la discothèque puisque le juge des référés a rejeté la requête des deux hommes, demandant la suspension de l’arrêté de fermeture d’une durée de 3 mois pris par la préfecture.

Un nouveau coup dur auquel s’ajoute une mesure de redressement judiciaire prise par le tribunal de commerce de Fréjus voici quelques semaines.

 

L’établissement s’en remettra-t-il ? Affaire à suivre…

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